Le phénomène Twilight vous est peut-être passé par dessus la tête ces derniers mois, mais ça ne va pas durer. Après avoir cartonné en librairies, c'est tout naturellement qu'Hollywood a mis le grappin sur la série de livres à succès pour en faire une franchise. Le public visé est bien sûr celui de la saga littéraire (à savoir jeune et féminin), mais aussi au-delà. Et heureusement, car le côté très fleur bleue du bouquin est atténué sur grand écran et étant moi-même hors de la cible, j'ai passé un bon moment.
L'histoire est celle de Bella, une jeune adolescente un peu marginale qui vient d'emménager dans une ville paumée des Etats-Unis. Sa vie banale se voit bousculée lorsqu'elle se prend d'émoi pour un jeune homme ténébreux au charme vampirisant. Aux commandes du film, une femme, Catherine Hardwicke, qui a apporté la touche féminine dont l'histoire avait besoin sans toutefois tomber dans le niaiseux. La mise en scène fait un peu téléfilm et manque d'audace et de caractère, mais le tout est fort bien rythmé. La photographie est de plus très jolie, à la fois sombre et humide.
Côté casting, Kristen Stewart s'en sort très bien dans la peau de Bella et porte le film sur ses frêles épaules. Face à elle, le jeune premier et prometteur Robert Pattinson s'en tire avec les honneurs. Son interprétation d'Edward Cullen tiraillé par ses sentiments et ses pulsions meurtrières est des plus convaincantes. Seul le bad guy du lot, Cam Gigandet, est assez ridicule en fronçant les sourcils pendant tout le film. Alors oui, les scènes d'action ne sont pas tout à fait maîtrisées et les effets visuels sont ratés, mais le film se rattrape sur le plan des émotions avec de très belles scènes.
Plus ciblé pour le public féminin qui devrait à n'en pas douter succomber à ce Roméo & Juliette aux dents longues, Twilight est assez réussi pour que les mâles ne restent pas totalement sur la touche.